La directrice de l’établissement a quitté son logement et ses fonctions au sein du village, délaissant une voiture épave entreposée derrière son logement d’habitation. Il n’en fallait pas davantage pour aiguiser la curiosité de « Youyou » qui mène l’enquête. Elle décide de partir en vélo… résoudre ce mystère.
La bagnole serait ouverte et même que certains enfants en auraient pris possession, mais pas elle ! L’aventure les attends, et même que le moteur ne fonctionne pas ! De toute manière « il faut te rassurer Youyou, le fait que le moteur ne marche pas, ce sont des préoccupations d’adultes ! »
Des moteurs qui ne fonctionnent pas, ils en ont l’habitude, et dans bien d’autres domaines que la mécanique !
Pour le reste les enfants s’en occupent.
Certains adultes au village s’offusquent « tu te rends compte, le seul héritage valable qu’elle laisse serait donc involontaire ! » . Les cabanes de l’enfance, les coins tranquilles, les pièces aveugles à l’abri des regards des adultes, se réduisent comme peaux de chagrin dans les établissements. Cette épave c’est pourtant une occasion à ne pas manquer.
Youyou, je ne sais pas ce que deviendra cet habitacle pour toi et les autres, mais sache que cela me rappelle de jolis souvenirs d’enfance…
Dans la grange centrale et traversante de la maison familiale, était entreposée une vielle bagnole que ma sœur et moi fréquentions assidument. Je devais avoir 7 ou 8 ans. Cette voiture poussée à reculons, butait contre un gros tas de foin ce qui nous empêchait l’accès du coffre. Je ne me souviens plus de la marque et encore moins du modèle et même si elle possédait encore son moteur. Le levier de vitesse était au volant, les sièges craquelaient par endroits et laissaient dépasser une toile puis une mousse couleur miel. La banquette arrière était elle aussi, trouée et la mousse arrachée par endroit. Nous prenions soin de notre trésor. A la descente du bus de l’école, nous piquions notre goûter rapidement dans la cuisine pour le rapporter et le manger là dedans. Je me revois au volant, mes mains qui forcent pour faire tourner quand même les roues jusqu’à la fatigue, tout en imitant le bruit du moteur. Nos jeux d’enfants nous ont conduits jusqu’à Paris, tandis que je faisais attention à la circulation, j’ai montré avec mon bras la tour Eiffel à ma petite sœur côté passager. Cette voiture nous aura conduit aussi jusqu’à New-York. J’étais souvent au volant, j’avançais le siège au maximum pour atteindre les pédales, il m’arrivait ensuite de reculer le siège pour une conduite disons plus souple et apaisée celle du dimanche au soleil par exemple.
Ma sœur était bruyante là dedans, elle pouvait bondir pour se balancer sur la banquette arrière en rigolant, Eh Oh ! c’est dangereux quand on conduit. Elle apportait des jouets que l’on planquait dans la boite à gants et puis un briquet ou autres armes de guerres. On orientaient le rétroviseur pour se voir et faire des grimaces. On disaient des gros mots aussi. Je revois ma sœur faire du stop sur la grande échelle de la grange, je la prends, je la prends pas. Et puis il y avait toute la panoplie : accidents, gendarmes, pompiers, copains qu’on emmenaient avec nous en voyage… On s’est même embrassés comme les grands, bagarrés, chamaillés, mariés dans cette bagnole.
Nos parents étaient toujours occupés aux travaux de la ferme à soigner les bêtes, mon père qui rentrait pour manger, devait demander à ma mère : « ils sont où ? ». Elle devait répondre « comme d’habitude ! » J’entends encore ma mère poussant la grande porte de grange pour venir nous chercher « bon ! on vous attends pour manger ». On claquaient alors la portière pour filer très vite à table…
Youyou, il te faut revendiquer La paix et la Protection.



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